La règle de base : trois familles de statuts

En France, un freelance peut se positionner sur trois grandes familles :

  1. Régime simplifié : Micro-Entrepreneur. Taux de charges forfaitaire (22 %), plafond de chiffre d'affaires, franchise de TVA possible.
  2. Société à associé unique : EURL (à l'IS ou à l'IR sur option), SASU. Charges sociales pleines (~45 %), mais déduction de l'ensemble des frais professionnels.
  3. Société à plusieurs associés : SARL, SAS. Pour structures avec co-fondateurs ou besoin de levée de fonds.

Le tableau de décision

| Statut | Charges sociales | TVA par défaut | Quand le choisir | |---|---|---|---| | Micro | 22 % du CA | Franchise (sous plafond) | CA < 77 700 € HT (prestations services), peu de frais déductibles, simplicité administrative | | EURL | ~45 % rémunération | Régime réel | CA moyen, beaucoup de frais à déduire, vouloir piloter sa rémunération | | SASU | ~45 % rémunération + mix dividendes | Régime réel | CA confortable, optimisation salaire/dividende, possibilité d'ARE post-employé | | SARL | ~45 % rémunération | Régime réel | 2 associés ou +, structure familiale ou de co-fondation | | SAS | ~45 % rémunération | Régime réel | Plusieurs associés, gouvernance flexible, levée de fonds envisagée |

Les vraies questions à se poser

1. Vais-je dépasser 77 700 € HT de CA ?

Si oui, le statut Micro devient impossible (plafond strict). Si non et que vos frais professionnels sont limités, c'est probablement le meilleur choix pour démarrer.

2. Ai-je beaucoup de frais professionnels à déduire ?

Le Micro n'en déduit aucun (les charges sont forfaitaires). Si vous avez 15 000 € de frais par an (matériel, abonnements, voyages, formations), une société (EURL/SASU) sera plus avantageuse fiscalement.

3. Ai-je touché du chômage récemment ?

Si oui et que vous voulez cumuler ARE + rémunération, la SASU est souvent recommandée : votre rémunération de président SASU peut être nulle pendant la durée de l'ARE, vous prélevant juste les dividendes (non comptés comme salaire).

4. Vais-je avoir un associé ?

Si oui, SARL (cadre traditionnel) ou SAS (gouvernance flexible). La SAS est de plus en plus choisie car elle permet d'ajuster les pouvoirs et la répartition du capital librement.

5. Veux-je optimiser ma rémunération salaire / dividende ?

La SASU et la SAS permettent ce jeu (vous fixez votre salaire + vous décidez des dividendes annuels). L'EURL à l'IS aussi, mais avec un cadre plus rigide.

Les pièges fréquents

Le piège du Micro : "je vais juste rester là"

Beaucoup de freelances restent en Micro même après avoir dépassé l'optimum fiscal. Quand vos frais déductibles dépassent ~10 % de votre CA, vous payez plus d'impôts que nécessaire. Faire un point chaque année avec votre comptable.

Le piège de la SASU à 0€ de salaire

Vous arrêtez de cumuler des droits retraite et chômage. Acceptable pendant 2-3 ans pour optimiser, mais pas un mode permanent. À discuter avec votre comptable.

Le piège du changement tardif

Changer de statut est administrativement coûteux et fiscalement parfois pénalisant (notamment les plus-values de cession Micro → SASU). Si vous savez que vous allez grossir, partez direct en SASU.

Et après le choix ?

Une fois le statut choisi, c'est l'outillage qui devient la vraie différence : suivre ses missions, projeter sa trésorerie, ne pas se faire surprendre par l'URSSAF, déclarer la TVA dans les temps. C'est exactement ce que Freelance Budget gère, pour les 5 statuts français — avec leurs taux de charges par défaut (22 % pour Micro, 45 % pour les autres) et leur traitement TVA pré-configuré.

Le bon réflexe : choisir le statut avec votre comptable une bonne fois, et automatiser la gestion derrière.